Sicalepse. Radio du Musée Reina Sofia de Madrid

Skills: Réalisation radio et podcast

Épisodes 1 et 2 du podcast expérimental Radio Sicalipsis pour le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía

Idée, scénario et réalisation : Gloria G. Durán (Université de Salamanque)
Chercheur invité au programme : Miguel Molina-Alarcón (Universitat Politècnica de València)
Réalisation sonore, enregistrement et montage : Laura Romero Valldecabres

Lien d’écoute: https://www.museoreinasofia.es/radio/radio-sicalipsis-1-mujer-dandi

La sicalipsis a imprégné la vie culturelle espagnole au cours des trois premières décennies du XXᵉ siècle. Elle suscita à la fois des fervents partisans et des détracteurs implacables : Unamuno rêvait de l’éradiquer de la surface de la Terre, tandis qu’Álvaro Retana l’exploitait avec audace dans chacune de ses créations artistiques.

Pourtant, la sicalipsis échappe à toute définition précise. Elle se construit en dialogue avec son contexte, se glissant subtilement entre le provocant et l’inacceptable, toujours sur ce fil ténu que Félix Limendoux, inventeur du terme « sicalyptique »  qualifia d’« équilibre invraisemblable ».

Dans le paysage culturel espagnol de l’époque, la sicalipsis représentait bien plus qu’une simple audace sensuelle : elle était un moteur d’expérimentation artistique, un défi à la moralité conventionnelle et une force capable de colorer littéralement et symboliquement toutes les formes d’expression. Son influence se fait sentir dans la littérature, le théâtre et les arts visuels, témoignant d’une Espagne en pleine tension entre liberté créative et normes sociales strictes.

Radio Sicalipsis est donc un espace radiophonique destiné à séduire à la fois les amateurs des beaux-arts et les auditeurs aux goûts les plus décadents. On y trace des lignes de pensée qui traversent la définition improbable, embrassant tout ce qui échappe à l’anticipable, au probable, et même à l’attendu. Masculinités floues, essences d’une propreté insaisissable, avant-gardes nouvelles jusqu’à elles-mêmes, cinéma sicalyptique à l’insu de son plein gré, danses épileptoïdes dans leur acception la plus large… Radio Sicalipsis propose des programmes de femmes galantes avant la lettre du dandy, de galaxies voluptueuses, de régimes sévères faits d’humeurs modernes, de névroses et aussi de mélancolie.

Des lignes de fuite qui servent non seulement à approfondir la vie culturelle espagnole, mais aussi à tenter de semer la graine d’une sicalipsis renouvelée. Une sicalipsis qui, telle une utopie queer, se charge de réécrire le passé afin d’imaginer un futur bien plus fascinant.

Consuelo Portela « La Chelito », 1930