Hidden Speakers (Japon, 2025)

Skills: Création Sonore

Composition de paysage sonore binaural
Durée :
4min 42 secs
Langue : japonais
Date et lieu de production : Japan, 2025
Diffusion: Festival Paysages Composés 2025, Grenoble (France) organisé par APNÉES (Association pour la PerformaNce, l’Électroacoustique et les Expérimentations Sonores).
Shortlisted Sound Walk Semptember Awards 2025 

Hidden Speakers est une pièce audio immersive et contemplative conçue comme une promenade sonore binaurale à travers les flux urbains japonais. Réalisée à partir d’enregistrements effectués lors d’une traversée de villes, de gares et de stations de train, l’œuvre met en lumière ces voix omniprésentes qui guident, orientent et rythment la mobilité dans l’espace ferroviaire.

Le titre joue sur l’ambiguïté du terme speakers (haut-parleurs / orateurs), révélant la tension entre présence et invisibilité, entre voix techniques et expérience sensible du déplacement. Au Japon, certains haut-parleurs diffusent des chants d’oiseaux pour indiquer un quai, une sortie ou un chemin à suivre (un dispositif pensé notamment pour les personnes aveugles, mais qui participe aussi à l’écologie sonore singulière des gares). Dans ce flux continu d’informations, une phrase revient inlassablement :« Tsugi wa… », qui signifie « le prochain… ».

Peu à peu, cette annonce devient une métaphore du mouvement et de la mémoire.

Depuis l’enfance, je collectionne des plans de métro du monde entier. Je les garde encore aujourd’hui. Je rêvais que la ligne de métro de ma ville pouvait correspondre avec celle d’une autre ville, dans un autre pays (que la prochaine station était très loin, et que je pouvais être ailleurs, ou peut-être à plusieurs endroits à la fois…) Les enregistrements deviennent ainsi des repères dans une cartographie intime : une manière de s’orienter dans la mémoire, entre des espaces-temps qui ne coïncident jamais tout à fait avec le présent.

La promenade sonore s’achève près d’un suikinkutsu à Kyoto, où les gouttes d’eau résonnent dans la pierre. Leur chant ramène l’écoute vers une temporalité plus proche de la source.. loin de l’acousmatique des haut-parleurs et des voix des gares.

— Et ensuite ?
Tsugi wa…